
Chantal Nobel est décédée le 30 avril à Ramatuelle. Elle avait 77 ans. « Ma mère s’est éteinte paisiblement. Elle est restée combative jusqu’au bout » : voilà ce que déclarait sa fille Anne-Charlotte Julian à l’AFP.
Les plus jeunes ignorent peut-être qui est Chantal Nobel. Il faut remonter à 1985 pour se rappeler l’acmé de la gloire de cette actrice. Cette année-là, Antenne 2 lance Châteauvallon, une co-production européenne qui se faisait appeler le Dallas à la française, en écho à la série américaine qui cartonnait. Une riche propriété, un patriarche, un meurtre, le retour de Florence Berg, la fille maudite (incarnée par Chantal Nobel), un clan rival. Les ingrédients traditionnels d’une saga. La série connut un grand succès, mais il n’eut que 26 épisodes. Alors qu’une saison 2 était prévue. Et puis arrive le drame. Le 28 avril, après l’enregistrement de Champs-Élysées, où elle était invitée, elle rentre en Porsche avec le chanteur Sacha Distel. Et c’est l’accident, la voiture s’encastre dans un pylone. Si Distel s’en sort légèrement blessé, Chantal Nobel restera 3 semaines dans le coma. Et elle vivra ensuite de longues années de rééducation. On la dit défigurée, handicapée, elle disparaitra complètement de la sphère médiatique. Ce retrait total a transformé sa carrière en mythe. Elle n’a pas vieilli à l’écran, elle n’a pas décliné ; elle s’est arrêtée net. Ce choix de l’ombre lui a permis de mener son combat le plus difficile — sa rééducation — loin des regards voyeurs (ou presque, des paparazzi se sont déguisés en infirmiers pour la prendre en photo), préservant ainsi sa dignité. Et cela pendant une dizaine d’années.
Et puis, Michel Drucker, encore lui, l’invitera dans son Studio Gabriel en 1996. Elle est radieuse et parle, presque avec ironie de sa patte folle et de sa canne. Mais surtout son intérêt à retrouver des plateaux. Message entendu par personne. Chatauvallon restera son dernier tournage.
Au final, elle a vécu deux vies : l’une de « Puissance et Gloire » (pour reprendre le titre du générique immortalisé par Herbert Léonard), et l’autre de résilience et de discrétion absolue à Ramatuelle. C’est le destin d’une femme qui a refusé d’être une victime médiatique pour redevenir maîtresse de sa propre existence, entourée de ses enfants et petis-enfants, loin des caméras.




